Garantie décennale : ce qu'elle couvre, ce qu'elle ne couvre pas, et comment vérifier une attestation
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La garantie décennale rend le constructeur responsable **de plein droit**, pendant dix ans à compter de la réception des travaux, des dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. « De plein droit » est le mot qui compte : vous n'avez pas à prouver de faute, seulement le dommage et sa gravité. C'est ce qui en fait la protection la plus puissante dont dispose un particulier qui fait réaliser des travaux.
C'est aussi l'une des moins bien comprises. Beaucoup croient qu'elle couvre tout pendant dix ans : elle ne couvre ni l'esthétique, ni l'usure normale, ni les équipements que l'on peut démonter sans abîmer le bâti. D'autres n'y pensent qu'au moment où un désordre apparaît, c'est-à-dire trop tard pour vérifier quoi que ce soit — car ce qui protège réellement n'est pas la garantie, qui existe de toute façon, mais l'**assurance** qui la finance, et cette assurance se vérifie avant la signature.
Ce guide dit ce que le champ décennal recouvre exactement, ce qu'il laisse aux deux autres garanties légales, comment se lit une attestation d'assurance ligne par ligne, comment on actionne la garantie quand un désordre apparaît, et ce que change une assurance dommages-ouvrage. Chaque durée citée renvoie à l'article qui la porte.

Ce qu'il faut retenir
10 ans — Responsabilité du constructeur, à compter de la réception
Légifrance — Code civil, article 1792-4-1, consulté le 2026-08-261 an — Garantie de parfait achèvement, à compter de la réception
Légifrance — Code civil, article 1792-6, consulté le 2026-08-262 ans au minimum — Garantie de bon fonctionnement des équipements dissociables
Légifrance — Code civil, article 1792-3, consulté le 2026-08-26Jointe aux devis et factures — Attestation d'assurance décennale du professionnel
Légifrance — Code des assurances, article L243-2, consulté le 2026-08-2624 847 — Entreprises du bâtiment recensées dans notre périmètre
entreprises actives au répertoire SIRENE dans notre périmètre
« Responsable de plein droit » : ce que dit exactement l'article 1792
L'article 1792 du code civil tient en deux phrases, et tout le régime en découle : tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages — même résultant d'un vice du sol — qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination. Une telle responsabilité n'a point lieu si le constructeur prouve que les dommages proviennent d'une cause étrangère.
Trois mots portent l'essentiel. « De plein droit » : vous n'avez pas à démontrer une faute, une négligence ou une erreur de mise en œuvre. Il suffit d'établir que le dommage existe, qu'il atteint le degré de gravité exigé, et qu'il est apparu après la réception. « Tout constructeur » : la responsabilité pèse sur le professionnel qui a réalisé, quels que soient sa taille et son statut. « Cause étrangère » : c'est la seule porte de sortie, et c'est au constructeur de la prouver, pas à vous de l'écarter.
- Vous n'avez pas à prouver une faute. C'est l'inverse du droit commun de la responsabilité, où c'est au demandeur d'établir le manquement. Ici, le dommage suffit à engager.
- Le vice du sol est expressément couvert. L'article le dit lui-même : « même résultant d'un vice du sol ». Un constructeur ne peut donc pas se retrancher derrière la nature du terrain qu'il a bâti.
- La charge de la preuve est renversée. C'est au constructeur de démontrer la cause étrangère — force majeure, fait d'un tiers, fait du maître d'ouvrage — s'il veut s'exonérer.
- La responsabilité est attachée à l'ouvrage, pas au contrat. Elle bénéficie au maître de l'ouvrage comme à l'acquéreur suivant : elle suit le bien pendant dix ans, y compris après une vente.
Qui est constructeur au sens de la garantie décennale
L'article 1792-1 du code civil répond de façon limitative. Est réputé constructeur de l'ouvrage : tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage ; toute personne qui vend, après achèvement, un ouvrage qu'elle a construit ou fait construire ; toute personne qui, bien qu'agissant en qualité de mandataire du propriétaire de l'ouvrage, accomplit une mission assimilable à celle d'un locateur d'ouvrage.
Le point commun de ces trois catégories est le lien direct avec vous. C'est ce lien qui fonde la responsabilité de plein droit, et c'est lui qui décide, en pratique, à qui vous vous adresserez. L'entreprise avec laquelle vous avez signé le devis est constructeur. Le maître d'œuvre qui a conçu et suivi le chantier pour votre compte l'est aussi. Le vendeur qui vous a livré un bien qu'il a fait construire l'est également.
- L'entreprise signataire du devis est constructeur, quelle que soit sa forme juridique.
- L'artisan en entreprise individuelle et le micro-entrepreneur le sont exactement au même titre : l'obligation ne dépend ni de la taille ni du statut, mais de la nature des travaux réalisés.
- L'architecte, le maître d'œuvre, le bureau d'études le sont pour leur mission propre — la conception, le dimensionnement, le suivi.
- Le vendeur d'un ouvrage qu'il a construit ou fait construire l'est envers l'acquéreur, après achèvement.
Les deux portes du champ décennal : la solidité et la destination
Un dommage entre dans le champ de la garantie décennale par l'une de deux portes, jamais par une troisième. Ou bien il compromet la solidité de l'ouvrage, ou bien il le rend impropre à sa destination. Savoir par laquelle des deux passe votre désordre est le premier travail à faire, parce que c'est ce qui structurera votre courrier à l'entreprise et, s'il le faut, l'expertise.
La solidité de l'ouvrage
- Ce que c'est
- L'atteinte porte sur la tenue mécanique du bâtiment : fondations, ossature, murs porteurs, plancher, charpente. Le désordre n'a pas besoin d'avoir déjà provoqué un effondrement — il suffit qu'il compromette la solidité, c'est-à-dire qu'il la mette en cause.
- Quand l'invoquer
- Fissures traversantes ou évolutives, affaissement de plancher, déformation de charpente, désordre de fondation, tassement différentiel. C'est la porte la plus facile à démontrer par une expertise, parce qu'elle se mesure.
- Ce qu'il faut réunir
- Des photos datées prises à intervalles, un relevé de l'évolution de la fissure ou du niveau, et la date de réception. L'évolution dans le temps est l'élément qui distingue un désordre structurel d'un défaut d'aspect.
- Sa limite
- Une microfissure de retrait d'enduit, un faïençage superficiel ou une fissure de cloison non porteuse ne compromettent pas la solidité, même s'ils sont visibles et désagréables.
L'impropriété à destination
- Ce que c'est
- L'ouvrage tient debout, mais il ne remplit plus la fonction pour laquelle il a été réalisé. Une toiture qui laisse passer l'eau tient debout ; elle n'est plus une toiture. C'est la porte la plus large, et celle qui explique que des ouvrages non structurels relèvent quand même de la décennale.
- Quand l'invoquer
- Infiltrations répétées, humidité traversante, système de chauffage indissociable inopérant, étanchéité de terrasse ou de douche en défaut, ouvrage devenu inutilisable ou dangereux pour l'usage prévu.
- Ce qu'il faut réunir
- La démonstration que l'usage est empêché ou fortement dégradé, et non seulement gêné : traces d'eau datées, mesures d'humidité, constat d'une pièce devenue inhabitable, historique des signalements écrits.
- Sa limite
- Une gêne d'usage sans empêchement — une pièce plus fraîche que prévu, un temps de chauffe un peu long — ne suffit pas. L'impropriété se juge par rapport à la destination de l'ouvrage, pas au confort attendu.
Éléments d'équipement : dissociables ou non, et pourquoi cela change tout
C'est le point qui départage le plus souvent la garantie décennale de la garantie de bon fonctionnement, et il est entièrement écrit dans le code. L'article 1792-2 étend la présomption de responsabilité aux dommages qui affectent la solidité des éléments d'équipement, mais seulement lorsque ceux-ci font indissociablement corps avec les ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert. Le même article donne le critère : un élément d'équipement forme indissociablement corps lorsque sa dépose, son démontage ou son remplacement ne peut s'effectuer sans détérioration ou enlèvement de matière de l'ouvrage.
Le test est donc matériel, et il est vérifiable sur place : peut-on retirer l'équipement sans casser ? Si oui, il est dissociable, et il relève de la garantie de bon fonctionnement de l'article 1792-3. Si non, il est indissociable, et il suit le régime décennal. Ce n'est pas une question de prix ni d'importance de l'équipement.
| Élément | Dissociable ? | Régime applicable |
|---|---|---|
| Canalisation encastrée dans une dalle ou un mur | Non — la dépose suppose de casser | Champ décennal, au titre de l'article 1792-2 |
| Réseau électrique encastré | Non | Champ décennal, au titre de l'article 1792-2 |
| Radiateur, robinetterie, appareil sanitaire posé | Oui — se démonte sans détérioration | Garantie de bon fonctionnement, article 1792-3 |
| Volet roulant rapporté, porte intérieure | Oui | Garantie de bon fonctionnement, article 1792-3 |
| Étanchéité sous carrelage, membrane de terrasse | Non, et elle assure le clos et couvert | Champ décennal : son échec rend l'ouvrage impropre |
| Élément servant exclusivement une activité professionnelle | Sans objet | Exclu de la notion d'élément d'équipement par l'article 1792-7 |
Parfait achèvement, bon fonctionnement, décennale : trois garanties distinctes
Les trois garanties légales ne se succèdent pas : elles courent en parallèle, à partir du même événement, la réception des travaux. Confondre leurs périmètres est l'erreur qui fait perdre le plus de dossiers, parce qu'un désordre invoqué sous le mauvais fondement se voit opposer un refus parfaitement fondé.
| Garantie | Durée | Ce qu'elle couvre | Fondement |
|---|---|---|---|
| Parfait achèvement | 1 an | Tous les désordres signalés, quelle que soit leur gravité : ceux réservés au procès-verbal de réception, et ceux notifiés par écrit après la réception. Elle ne s'étend pas aux effets de l'usure normale ou de l'usage. | Article 1792-6 du code civil |
| Bon fonctionnement | 2 ans au minimum | Les éléments d'équipement dissociables du bâti, pour les désordres non apparents à la réception. | Article 1792-3 du code civil |
| Décennale | 10 ans | Les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, y compris ceux affectant les équipements indissociables. | Articles 1792, 1792-2 et 1792-4-1 du code civil |
L'article 1792-4-1 ferme le dispositif : toute personne dont la responsabilité peut être engagée en vertu des articles 1792 à 1792-4 est déchargée des responsabilités et garanties pesant sur elle après dix ans à compter de la réception des travaux, ou, pour la garantie de bon fonctionnement, à l'expiration du délai de deux ans. Passé ce terme, il n'y a plus de recours au titre de ces garanties : c'est une décharge, pas une prescription qu'on pourrait interrompre indéfiniment.
Une conséquence pratique en découle, et elle décide de la stratégie du premier courrier. Pendant la première année, invoquez d'abord le parfait achèvement : c'est la garantie la plus large, elle ne demande aucune démonstration de gravité, et elle oblige l'entreprise à reprendre tout ce que vous avez signalé. Ce n'est qu'ensuite, quand ce délai est passé, que la question du degré de gravité devient déterminante.
Ce que la garantie décennale ne couvre pas
L'inventaire des exclusions est plus utile que celui des inclusions : c'est en croyant la décennale universelle que l'on perd des mois à la réclamer là où elle ne s'applique pas. Six situations la mettent hors jeu.
- Le défaut d'aspect. Une teinte, un alignement, une finition irrégulière ne compromettent ni la solidité ni la destination. Ces désordres relèvent du parfait achèvement, pendant un an, à condition d'avoir été signalés.
- L'usure normale et l'usage. L'article 1792-6 l'écrit explicitement pour le parfait achèvement, et la même logique gouverne la décennale : un ouvrage qui vieillit conformément à sa nature n'est pas un ouvrage défaillant.
- Le défaut d'entretien. Une couverture jamais démoussée, une gouttière jamais curée, une ventilation obstruée : le désordre a alors une cause qui vous est imputable, ce qui est précisément une des « causes étrangères » que le constructeur peut opposer.
- Les désordres apparents non réservés à la réception. Ce qui se voyait le jour de la réception et n'a pas été porté au procès-verbal est réputé accepté. C'est la raison d'être des réserves.
- Les équipements dissociables, qui relèvent de la garantie de bon fonctionnement de l'article 1792-3 et de sa durée de deux ans au minimum.
- Les éléments dont la fonction exclusive est de permettre l'exercice d'une activité professionnelle dans l'ouvrage : l'article 1792-7 les exclut de la notion même d'élément d'équipement.
La réception des travaux : l'acte qui déclenche les trois compteurs
L'article 1792-6 du code civil définit la réception comme l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage, avec ou sans réserves. Elle intervient à la demande de la partie la plus diligente, soit à l'amiable, soit à défaut judiciairement, et elle est en tout état de cause prononcée contradictoirement — c'est-à-dire en présence des deux parties, ou après les avoir régulièrement convoquées.
Ce n'est pas une formalité de fin de chantier : c'est l'événement qui fait courir les trois garanties, et donc l'acte le plus important de tout le dossier. Ni la dernière facture, ni le paiement du solde, ni le départ des ouvriers ne produisent cet effet. Une réception écrite, datée et signée est la pièce qui, dix ans plus tard, dira encore à quelle date le compteur a démarré.
- Convoquez la réception par écrit, en fixant une date, et faites en sorte que les deux parties soient présentes. La réception est prononcée contradictoirement : une visite faite seul ne vaut pas réception.
- Faites le tour du chantier avec l'entreprise, en prenant le temps, avec le devis en main. Comparez ligne à ligne ce qui a été exécuté et ce qui avait été chiffré.
- Portez chaque point à reprendre au procès-verbal, même mineur, avec une description précise. Ce qui est apparent et n'est pas réservé est réputé accepté.
- Datez et signez les deux exemplaires, et gardez le vôtre. C'est la date portée sur ce document qui fait courir un an, deux ans et dix ans.
- Retenez la part du solde correspondant aux réserves jusqu'à leur levée, constatée elle aussi par écrit. L'échéancier qui rend cette retenue possible se prépare au moment du devis, et c'est le sujet du guide sur les mentions obligatoires d'un devis de travaux.
L'article 1792-6 organise aussi la suite : les délais nécessaires à l'exécution des travaux de réparation sont fixés d'un commun accord entre le maître de l'ouvrage et l'entrepreneur ; à défaut d'accord, ou en cas d'inexécution dans le délai fixé, les travaux peuvent, après mise en demeure restée infructueuse, être exécutés aux frais et risques de l'entrepreneur défaillant. La mise en demeure n'est donc pas une politesse procédurale : c'est la condition pour faire faire ailleurs sans perdre son recours.
L'obligation d'assurance : ce que le professionnel doit avoir souscrit
La garantie décennale existe par la loi ; l'assurance qui la finance, elle, se souscrit. L'article L241-1 du code des assurances impose que toute personne physique ou morale dont la responsabilité décennale peut être engagée sur le fondement de la présomption établie par les articles 1792 et suivants du code civil soit couverte par une assurance. Il ajoute qu'à l'ouverture de tout chantier, elle doit justifier qu'elle a souscrit un contrat d'assurance la couvrant pour cette responsabilité.
Le même article règle un point que peu de gens connaissent et qui vous protège directement : tout contrat souscrit en vertu de l'article L241-1 est, nonobstant toute stipulation contraire, réputé comporter une clause assurant le maintien de la garantie pour la durée de la responsabilité décennale. Autrement dit, l'assureur reste tenu pendant dix ans pour les chantiers ouverts pendant la période de validité du contrat, même si l'entreprise cesse ensuite de payer sa prime ou disparaît. C'est ce qui donne toute sa valeur à l'attestation que vous aurez conservée.
L'article L243-2 organise la preuve. Les justifications prennent la forme d'attestations d'assurance, jointes aux devis et factures des professionnels assurés, et un arrêté du ministre chargé de l'économie fixe un modèle d'attestation comprenant des mentions minimales. La conséquence est pratique : vous n'avez pas à demander une faveur, l'attestation doit accompagner le devis. Son absence est en elle-même une information.
Lire une attestation d'assurance décennale, ligne par ligne
Une attestation n'est pas un document libre : l'article A243-3 du code des assurances fixe les mentions minimales qu'elle doit porter, et impose que certaines formules y figurent textuellement. C'est ce qui la rend contrôlable en deux minutes, à condition de savoir quelles lignes regarder — et ce sont rarement celles que l'on regarde.
| Ce qu'il faut lire | Ce qu'il faut vérifier | Ce qui doit vous arrêter |
|---|---|---|
| L'identité de l'assuré et son numéro unique d'identification | Le nom et le numéro d'identification doivent être exactement ceux qui figureront sur le devis puis sur la facture. | Une société signataire différente de la société assurée. Une filiale n'est pas la société mère, et un montage entre les deux vous laisse sans couverture. |
| L'identité de l'assureur et le numéro de contrat | Ce sont les coordonnées que vous utiliserez pour déclarer un sinistre, éventuellement dans dix ans. | Un intermédiaire cité sans que l'assureur porteur du risque soit nommé. |
| La période de validité | Elle est datée. L'attestation doit couvrir la date d'ouverture de votre chantier, pas seulement la date à laquelle elle a été établie. | Une attestation de l'exercice précédent. Elle ne prouve rien sur l'année en cours, et c'est le défaut le plus fréquent. |
| Les activités déclarées | L'activité concernée par vos travaux doit y figurer nommément. C'est la ligne décisive. | Une liste d'activités qui ne mentionne pas le lot qui vous concerne — couverture, étanchéité, gros œuvre, électricité. |
| La nature et l'étendue de la garantie | L'attestation doit reproduire les formules imposées par l'article A243-3, dont la mention de l'assurance de responsabilité décennale obligatoire. | Un document reformulé, sans les mentions normalisées, ou une simple lettre de l'entreprise. |
| La date d'établissement et la signature | L'attestation doit être signée par un assureur habilité, ou par une personne dûment mandatée par lui. | Un document non daté, non signé, ou signé par l'entreprise elle-même. |
La vérification avant signature, et ce qu'il faut en conserver
La garantie décennale ne se demande pas au moment du problème : elle se vérifie avant la signature. Une entreprise qui disparaît sans avoir été assurée laisse un chantier sans recours utile, même quand le droit est de votre côté. Cinq gestes suffisent, et ils tiennent dans le temps d'un échange de courriels.
- Récupérez l'attestation en même temps que le devis. L'article L243-2 impose qu'elle y soit jointe : la réclamer n'est pas une marque de défiance, c'est constater qu'une pièce manque au dossier.
- Contrôlez la période de validité au regard de la date prévisible d'ouverture du chantier, et non de la date du devis. Un chantier repoussé de six mois peut sortir de la période couverte.
- Lisez la liste des activités déclarées et vérifiez que celle de vos travaux y figure nommément. C'est le contrôle qui protège le plus, et celui qu'on saute le plus souvent.
- Comparez l'identité de l'assuré à celle du signataire du devis, nom et numéro d'identification compris. Ils doivent coïncider exactement.
- Classez l'attestation avec le devis, les factures et le procès-verbal de réception. Dix ans plus tard, c'est le seul dossier qui vous restera, et c'est celui qui permettra d'écrire directement à l'assureur.
Deux réflexes complètent utilement cette vérification. Le premier : demander l'attestation de responsabilité civile professionnelle en plus de la décennale, parce qu'elle couvre les dommages causés pendant le chantier — le dégât des eaux chez le voisin, la vitre cassée — que la décennale ne concerne pas. Le second : si vos travaux visent une aide publique, contrôler séparément la qualification RGE de l'entreprise, qui est une condition d'éligibilité distincte et n'a rien à voir avec l'assurance.
Actionner la garantie quand un désordre apparaît
L'erreur la plus fréquente consiste à sauter les premières étapes, qui sont gratuites et souvent suffisantes, pour se retrouver ensuite sans preuve au moment où il en faudrait. La chaîne ci-dessous se parcourt dans l'ordre, et chaque étape prépare la suivante.
- Datez et documentez. Photographies datées, description écrite du désordre, relevé de son évolution, historique des échanges. C'est ce qui manque dans presque tous les dossiers perdus, et cela ne se reconstitue pas après coup.
- Qualifiez le désordre. Solidité compromise, ou impropriété à destination ? Élément dissociable ou indissociable ? Cette qualification décide de la garantie que vous invoquerez, et donc du délai qui s'applique.
- Écrivez à l'entreprise en recommandé avec accusé de réception, en nommant la garantie invoquée, en rappelant la date de réception, en décrivant le désordre et en fixant un délai raisonnable d'intervention.
- Mettez en demeure si la première lettre reste sans effet. C'est la condition posée par l'article 1792-6 pour faire exécuter les travaux aux frais et risques de l'entrepreneur défaillant, sur le terrain du parfait achèvement.
- Déclarez le sinistre à l'assureur décennal de l'entreprise, dont le nom et le numéro de contrat figurent sur l'attestation que vous avez conservée. C'est possible même si l'entreprise ne répond plus.
- Déclarez le sinistre à votre assureur dommages-ouvrage si vous en avez un : il préfinance les réparations sans attendre que la responsabilité soit établie.
- Saisissez le juge en dernier recours, après avoir épuisé les étapes amiables et réuni les pièces. Le dossier vaut alors ce que vaut la documentation constituée à l'étape 1.
L'assurance dommages-ouvrage : préfinancer au lieu de plaider
L'article L242-1 du code des assurances impose à toute personne physique ou morale qui, agissant en qualité de propriétaire de l'ouvrage, de vendeur ou de mandataire du propriétaire, fait réaliser des travaux de construction, de souscrire avant l'ouverture du chantier une assurance garantissant, en dehors de toute recherche des responsabilités, le paiement de la totalité des travaux de réparation des dommages relevant de l'article 1792 du code civil.
Elle est donc obligatoire pour beaucoup de particuliers qui l'ignorent — et très souvent omise en rénovation, sans sanction immédiate, puisque l'article L243-3 écarte les peines pour la personne physique qui construit un logement pour l'occuper elle-même ou le faire occuper par sa famille proche. Son absence ne se paie pas au moment des travaux : elle se paie le jour du sinistre, et à la revente.
| Sans dommages-ouvrage | Avec dommages-ouvrage |
|---|---|
| Il faut établir la responsabilité avant toute réparation. | L'assureur préfinance la réparation en dehors de toute recherche de responsabilité, puis se retourne contre le constructeur. |
| Aucun délai n'encadre l'aboutissement : la durée dépend de l'expertise, de la contestation et, souvent, du juge. | Les délais sont fixés par l'article L242-1 : soixante jours pour notifier la position de l'assureur, quatre-vingt-dix jours pour l'offre d'indemnité, quinze jours pour verser l'indemnité acceptée. |
| L'expertise est contradictoire, souvent judiciaire, et son coût est avancé par celui qui la demande. | L'expertise est diligentée par l'assureur dans le cadre de la procédure de déclaration. |
| Vous avancez les frais si le logement est devenu inutilisable en attendant. | Si l'assureur ne respecte pas les délais ou fait une offre manifestement insuffisante, l'assuré peut engager les dépenses de réparation, et l'indemnité est majorée de plein droit. |
| À la revente, l'acquéreur constate l'absence d'assurance dans l'acte. | L'attestation est annexée à l'acte, et le bien se vend avec sa couverture. |
Une caractéristique de cette assurance est peu connue et décide pourtant de son intérêt : elle prend effet après l'expiration de la garantie de parfait achèvement, c'est-à-dire un an après la réception, et court jusqu'au terme des dix ans. Pendant la première année, c'est le parfait achèvement de l'article 1792-6 qui joue, et il est plus large. Les deux mécanismes se relaient donc, sans trou de couverture, à condition d'avoir formalisé la réception.
Quand l'entreprise a disparu, ou qu'elle refuse d'intervenir
C'est la situation qui inquiète le plus, et c'est celle où la préparation faite avant signature paie. La garantie suit l'assurance, pas l'entreprise : l'article L241-1 répute tout contrat d'assurance décennale comporter une clause de maintien de la garantie pour la durée de la responsabilité décennale. Un assureur reste donc tenu pour un chantier ouvert pendant la validité du contrat, même si l'entreprise a depuis cessé son activité.
- Si vous avez l'attestation, écrivez directement à l'assureur qui y figure, en joignant le devis, la facture, le procès-verbal de réception et la description datée du désordre. C'est le chemin le plus court, et il ne suppose pas que l'entreprise existe encore.
- Si l'entreprise est en liquidation, le mandataire liquidateur est l'interlocuteur pour l'entreprise elle-même, mais l'assureur reste saisissable en parallèle : ce sont deux voies distinctes.
- Si vous n'avez pas l'attestation, cherchez-la dans les documents contractuels — elle a pu être jointe au devis ou à une facture sans que vous y prêtiez attention, puisque l'article L243-2 impose qu'elle le soit.
- Si vous avez souscrit une dommages-ouvrage, elle devient le recours le plus rapide : elle paie d'abord et cherche le responsable ensuite, ce qui est précisément la difficulté quand le responsable n'existe plus.
Sous-traitance : qui répond de quoi, et pendant combien de temps
Sur un chantier de plusieurs lots, l'entreprise avec laquelle vous avez signé n'est pas toujours celle qui exécute. Ce n'est ni illégal ni suspect, mais cela change vos interlocuteurs le jour où quelque chose ne va pas — et la répartition n'est pas celle que l'on imagine.
- L'entreprise principale — celle qui a signé le devis — est constructeur au sens de l'article 1792-1, et elle répond devant vous de l'ensemble, y compris de ce qu'elle a sous-traité.
- Le sous-traitant n'a pas de contrat avec vous. Il n'est donc pas tenu de la responsabilité décennale à votre égard, et vous ne pouvez pas l'actionner sur ce fondement.
- Un recours contre le sous-traitant reste possible, mais sur le terrain de la responsabilité délictuelle. L'article 1792-4-2 du code civil enferme ces actions dans des délais alignés sur ceux des garanties : dix ans à compter de la réception pour les dommages relevant des articles 1792 et 1792-2, deux ans pour ceux affectant les éléments d'équipement de l'article 1792-3.
- Chaque intervenant doit être assuré pour son activité. Demander les attestations des sous-traitants sur les lots techniques n'ajoute pas de recours contractuel, mais cela vous dit qui est réellement couvert sur le chantier.
La conséquence pratique est simple : votre courrier part toujours à l'entreprise principale, quel que soit l'auteur matériel du désordre. C'est aussi elle qui devra se retourner contre son sous-traitant, ce qui n'est pas votre affaire. Demander la liste des intervenants avant signature n'est donc pas de la méfiance mais de l'organisation : cela vous permet de savoir à qui parler lot par lot, et une entreprise structurée répond sans difficulté.
Vendre ou acheter un bien dans les dix ans qui suivent des travaux
L'article L243-2 du code des assurances contient un troisième alinéa peu commenté et très utile. Lorsqu'un acte intervenant avant l'expiration du délai de dix ans prévu à l'article 1792-4-1 du code civil a pour effet de transférer la propriété ou la jouissance du bien — quelle que soit la nature du contrat, à l'exception des baux à loyer —, mention doit être faite dans le corps de l'acte ou en annexe de l'existence ou de l'absence des assurances obligatoires, et l'attestation d'assurance y est annexée.
- Si vous vendez, préparez le dossier avant la promesse : attestations décennales des entreprises intervenues, procès-verbal de réception, factures. L'absence de dommages-ouvrage devra être mentionnée, et elle se négocie mieux annoncée que découverte.
- Si vous achetez un bien où des travaux ont été réalisés depuis moins de dix ans, lisez cette mention : elle vous dit si une couverture existe, et laquelle. C'est un point de négociation légitime, au même titre qu'un diagnostic.
- La garantie décennale bénéficie à l'acquéreur. L'article 1792 vise le maître de l'ouvrage « ou l'acquéreur de l'ouvrage » : le recours se transmet avec le bien pour la durée restant à courir.
- Les dates comptent plus que les documents. Le point de départ des dix ans est la réception des travaux, pas la vente : sans procès-verbal daté, la durée restante devient difficile à établir.
Le dossier à constituer, et à conserver dix ans
Tout ce qui précède se résume à une chemise cartonnée. Elle ne coûte rien, elle se remplit au fil du chantier, et c'est la seule chose qui restera utilisable dans huit ans. Constituée après coup, elle est presque toujours incomplète — et c'est l'incomplétude, pas le droit, qui fait perdre les dossiers.
- Le devis signé, avec le détail des prestations et des quantités : c'est lui qui définit l'ouvrage sur lequel porte la garantie.
- Les attestations d'assurance décennale et de responsabilité civile professionnelle, valides à la date d'ouverture du chantier, plus celles des sous-traitants sur les lots techniques.
- Les factures, y compris les acomptes, et la mention de TVA portée sur le devis ou la facture — le mécanisme du taux réduit de TVA sur les travaux suppose de conserver ces pièces plusieurs années.
- Le procès-verbal de réception, daté et signé, avec la liste des réserves et le document constatant leur levée.
- Les échanges écrits : courriels, courriers recommandés, avenants acceptés. Un avenant non écrit n'existe pas, et un désordre signalé oralement non plus.
- Les photographies datées de l'ouvrage à la réception, en particulier des parties qui seront ensuite cachées — réseaux encastrés, écran de sous-toiture, étanchéité avant carrelage.
Le même dossier sert dans les trois situations où l'on en a besoin : actionner une garantie, répondre à un contrôle sur le taux de TVA appliqué, et vendre le bien. C'est aussi la pièce qui permet de comparer honnêtement deux entreprises la fois suivante, parce qu'elle conserve la trace de ce qui avait été promis.
Choisir une entreprise dont l'assurance couvre réellement vos travaux
La vérification décrite dans ce guide ne remplace pas le choix de l'entreprise : elle en fait partie. Une attestation valide et une activité correctement déclarée ne disent rien de la qualité d'exécution, mais leur absence dit beaucoup de la façon dont l'entreprise est tenue. Les deux se contrôlent au même moment, sur le même document, et sans frais.
- Demandez les mêmes pièces à tout le monde. Trois entreprises consultées, trois attestations lues : la comparaison porte alors sur des propositions équivalentes, y compris du point de vue de la couverture.
- Vérifiez la cohérence entre l'activité déclarée et le lot confié. Un chantier qui mêle plusieurs métiers — une réfection de couverture avec reprise de charpente, par exemple — suppose que chaque activité figure quelque part.
- Regardez l'ancienneté et l'implantation. Une entreprise établie de longue date sur son bassin sera plus facile à retrouver dans huit ans qu'une structure créée l'année du chantier.
- Ne confondez pas assurance et qualification. L'assurance décennale conditionne votre recours ; la qualification RGE conditionne l'accès aux aides. Ce sont deux contrôles distincts, sur deux documents différents.
Sur ce site, les entreprises listées proviennent du répertoire des entreprises et des registres publics, sans classement payant : la méthode et ses limites sont écrites sur la page comment nous classons les entreprises. Pour un chantier de couverture, où le champ décennal est presque toujours ouvert parce que le clos et couvert est en jeu, le point de départ utile est le guide sur le prix pour refaire une toiture puis l'annuaire des couvreurs. Les autres règles transversales — devis, TVA, aides, qualifications — sont rassemblées dans la rubrique aides et démarches. Et si le projet est encore à définir, décrivez-le une fois : il part à trois entreprises au maximum.
Un projet de travaux ?
Décrivez-le une fois : il part à 3 entreprises au maximum, choisies sur leur proximité et leur spécialité.
Questions fréquentes
La garantie décennale est-elle automatique, ou faut-il la demander ?
La garantie décennale est automatique : elle résulte de l'article 1792 du code civil et pèse sur le constructeur du seul fait qu'il a réalisé l'ouvrage. Ce qui n'est pas automatique, c'est l'assurance qui la finance. Un constructeur non assuré reste tenu de la garantie décennale, mais vous devrez alors le poursuivre lui, sur son patrimoine, au lieu de vous adresser à un assureur.
Un artisan auto-entrepreneur est-il soumis à la garantie décennale ?
Oui. L'obligation d'assurance de l'article L241-1 du code des assurances ne dépend ni de la taille ni du statut de l'entreprise, mais de la nature des travaux réalisés. Un artisan en entreprise individuelle ou un micro-entrepreneur qui réalise des travaux relevant de la garantie décennale doit être assuré exactement comme une société, et son attestation doit être jointe à son devis.
À partir de quand court le délai de dix ans de la garantie décennale ?
Le délai de dix ans court à compter de la réception des travaux, et non de la fin du chantier, de la facture ou du paiement. L'article 1792-4-1 du code civil décharge le constructeur de ses responsabilités après dix ans à compter de cette réception. C'est la raison pour laquelle un procès-verbal de réception daté et signé est la pièce la plus importante du dossier.
La garantie décennale couvre-t-elle un défaut esthétique ?
Non. Un défaut d'aspect ne compromet ni la solidité de l'ouvrage ni sa destination, et sort donc du champ de la garantie décennale. Il relève de la garantie de parfait achèvement pendant un an à compter de la réception, à condition d'avoir été réservé au procès-verbal ou notifié par écrit ensuite. Passé cette année, un défaut purement esthétique n'ouvre plus de recours au titre de ces garanties.
Quelle est la différence entre garantie décennale et garantie de bon fonctionnement ?
La garantie décennale couvre pendant dix ans les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, équipements indissociables compris. La garantie de bon fonctionnement de l'article 1792-3 du code civil couvre pendant deux ans au minimum les éléments d'équipement dissociables, c'est-à-dire ceux qui se démontent sans détérioration ni enlèvement de matière : radiateurs, robinetterie, volets rapportés.
L'assurance dommages-ouvrage est-elle vraiment obligatoire pour un particulier ?
L'article L242-1 du code des assurances impose au propriétaire qui fait réaliser des travaux de construction de souscrire une assurance dommages-ouvrage avant l'ouverture du chantier. L'article L243-3 écarte cependant les sanctions pénales pour la personne physique qui construit un logement pour l'occuper elle-même ou le faire occuper par sa famille proche. L'obligation demeure ; c'est sa sanction qui disparaît, et le coût se reporte sur le sinistre et sur la revente.
Que faire si l'entreprise a disparu avant la fin des dix ans ?
Adressez-vous directement à l'assureur décennal figurant sur l'attestation que vous avez conservée. L'article L241-1 du code des assurances répute tout contrat comporter une clause de maintien de la garantie pour la durée de la responsabilité décennale : l'assureur reste tenu pour les chantiers ouverts pendant la validité du contrat. Sans cette attestation, aucun registre public ne permet de retrouver l'assureur d'une entreprise disparue.
La réception des travaux peut-elle être tacite ?
Oui, et c'est un piège. Prendre possession de l'ouvrage et l'utiliser sans réserve peut valoir réception, ce qui fait courir les trois garanties sans que vous ayez listé les points à reprendre et sans qu'aucun document ne date le point de départ. L'article 1792-6 du code civil prévoit une réception prononcée contradictoirement : formalisez-la toujours par écrit, même sur un petit chantier.
Peut-on agir directement contre le sous-traitant qui a réalisé les travaux ?
Pas au titre de la garantie décennale : le sous-traitant n'a pas de contrat avec vous et n'est donc pas constructeur à votre égard. Votre interlocuteur est l'entreprise qui a signé le devis, qui répond de l'ensemble. Une action délictuelle contre le sous-traitant reste possible, dans les délais fixés par l'article 1792-4-2 du code civil : dix ans à compter de la réception, ou deux ans pour les éléments d'équipement dissociables.
L'attestation d'assurance décennale doit-elle être remise avec le devis ?
Oui. L'article L243-2 du code des assurances prévoit que les justifications d'assurance prennent la forme d'attestations jointes aux devis et factures des professionnels assurés, selon un modèle dont les mentions minimales sont fixées par arrêté. Vous n'avez donc pas à négocier sa communication : si elle n'accompagne pas le devis, c'est une pièce manquante, et le signaler est légitime avant toute signature.
Sources
Guide révisé le 26 août 2026 à partir des sources suivantes.
- Légifrance — Code civil, article 1792
Responsabilité de plein droit du constructeur envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage pour les dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, et exonération par la preuve d'une cause étrangère.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code civil, article 1792-1
Définition limitative du constructeur : personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage, vendeur d'un ouvrage qu'il a construit ou fait construire, mandataire accomplissant une mission assimilable à celle d'un locateur d'ouvrage.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code civil, article 1792-2
Extension de la présomption de responsabilité aux éléments d'équipement faisant indissociablement corps avec les ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert, et critère de l'indissociabilité : dépose, démontage ou remplacement impossible sans détérioration ou enlèvement de matière.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code civil, article 1792-3
Garantie de bon fonctionnement des autres éléments d'équipement de l'ouvrage, d'une durée minimale de deux ans à compter de la réception.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code civil, article 1792-4-1
Décharge des responsabilités et garanties des articles 1792 à 1792-2 après dix ans à compter de la réception des travaux, et, pour l'article 1792-3, à l'expiration du délai qu'il vise.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code civil, article 1792-4-2
Prescription des actions en responsabilité dirigées contre un sous-traitant : dix ans à compter de la réception pour les dommages relevant des articles 1792 et 1792-2, deux ans pour ceux affectant les éléments d'équipement de l'article 1792-3.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code civil, article 1792-6
Définition de la réception comme acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserves, prononcée contradictoirement ; garantie de parfait achèvement d'un an couvrant tous les désordres signalés, exécution aux frais et risques de l'entrepreneur après mise en demeure infructueuse, et exclusion des effets de l'usure normale ou de l'usage.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code des assurances, article L241-1
Obligation pour toute personne dont la responsabilité décennale peut être engagée d'être couverte par une assurance, justification à l'ouverture de tout chantier, et clause réputée acquise de maintien de la garantie pour la durée de la responsabilité décennale.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code des assurances, article L242-1
Obligation pour le maître d'ouvrage de souscrire avant l'ouverture du chantier une assurance garantissant, hors recherche de responsabilité, le paiement des réparations relevant de l'article 1792 du code civil ; délais de soixante jours pour notifier la décision, de quatre-vingt-dix jours pour l'offre d'indemnité et de quinze jours pour le versement, et majoration de plein droit en cas de manquement.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code des assurances, article L243-2
Justification des obligations d'assurance par des attestations jointes aux devis et factures des professionnels assurés, modèle fixé par arrêté, et mention obligatoire de l'existence ou de l'absence d'assurance dans tout acte transférant la propriété ou la jouissance du bien avant l'expiration du délai de dix ans.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code des assurances, article L243-3
Sanction pénale du défaut d'assurance au titre des articles L241-1 à L242-1, et exclusion de cette sanction pour la personne physique construisant un logement pour l'occuper elle-même ou le faire occuper par son conjoint, ses ascendants, ses descendants ou ceux de son conjoint.
Consultée le 26 août 2026
- Légifrance — Code des assurances, article A243-3
Mentions minimales du modèle d'attestation d'assurance de responsabilité civile décennale : identification et numéro unique d'identification de l'assuré, identité de l'assureur et numéro de contrat, période de validité, date d'établissement, activités déclarées, nature et étendue de la garantie, et formules devant être reproduites textuellement.
Consultée le 26 août 2026
- Service-Public — Garanties après la réception des travaux
Présentation destinée aux particuliers des trois garanties légales, de leur point de départ commun à la date de réception et de leur mise en œuvre par lettre recommandée avec accusé de réception.
Consultée le 26 août 2026
- Service-Public — Garantie décennale des constructeurs
Liste des professionnels tenus à la garantie décennale, exclusion des sous-traitants faute de lien direct avec le maître d'ouvrage, remise de l'attestation avant l'ouverture du chantier, et démarche lorsque le constructeur n'existe plus.
Consultée le 26 août 2026
- Service-Public — Assurance dommages-ouvrage
Souscription avant l'ouverture du chantier, prise d'effet à l'expiration de la garantie de parfait achèvement et terme à dix ans après la réception, et déroulement de la déclaration de sinistre.
Consultée le 26 août 2026
Un projet de travaux ?
Décrivez-le une fois : il part à 3 entreprises au maximum, choisies sur leur proximité et leur spécialité.
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