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Carrelage

Douche à l'italienne : c'est un ouvrage d'étanchéité, pas une pose de carrelage

29 min de lectureMis à jour le

La douche à l'italienne est devenue le standard de la salle de bains rénovée. Elle est aussi, de loin, l'ouvrage sur lequel on constate le plus de sinistres — et ces sinistres ne se déclarent jamais tout de suite. Ils apparaissent au bout d'un an ou deux, sous forme d'une auréole au plafond du voisin du dessous ou d'une plinthe qui gonfle dans la pièce d'à côté.

La raison est simple : sous le carrelage se trouve un ouvrage invisible, le système de protection à l'eau, dont dépend tout le reste. Il coûte une fraction du chantier, il ne se voit jamais, et c'est exactement pour cela qu'il est le premier poste supprimé sur un devis serré.

Ce guide décrit ce que doit contenir une douche à l'italienne, ce que chaque poste coûte quand notre modèle de prix le connaît, ce qu'il ne chiffre pas et pourquoi, et les mentions sans lesquelles un devis n'est pas sérieux.

Un carreleur applique au pinceau le mortier d'étanchéité sur les relevés d'une douche à l'italienne ; la forme de pente et le siphon sont déjà réalisés, le carrelage attend au sol.

Ce qu'il faut retenir

Prix de l'étanchéité d'une douche à l'italienne

Le seul système de protection à l'eau sous carrelage d'une douche sans receveur : primaire, résine appliquée en plusieurs passes, bandes de renfort d'angles et de relevés, traitement du pourtour de bonde, main-d'œuvre et fournitures comprises ; hors forme de pente, hors carrelage et sa pose, hors plomberie, hors dépose de l'existant, avant TVA. Ce n'est pas le budget de la douche : c'est le poste sans lequel elle fuira.

380 € à 900 €

par douche

Minimum
380 €
Milieu de fourchette
640 €
Maximum
900 €
D'où vient ce prix

Prix d'une douche à l'italienne : ce que le devis additionne

Il n'existe pas de prix d'une douche à l'italienne, parce qu'il n'existe pas de produit qui porte ce nom. Il existe un empilement de postes — dépose, support, pente, étanchéité, carrelage, bonde, paroi — dont chacun se chiffre séparément et dont aucun ne se déduit des autres. Deux devis affichant le même total peuvent recouvrir deux ouvrages qui n'ont en commun que leur apparence finie.

PrestationFourchetteCe qui fait varier
Étanchéité sous carrelage d'une douche à l'italienne380 € à 900 € / doucheSurface traitée et hauteur des relevés, nature du support, nombre de points singuliers — bonde, angles, passages de canalisation, niche. C'est le poste qu'il ne faut jamais supprimer, et le seul dont la suppression ne se voit pas à la réception.
Pose droite de carrelage au sol, format courant70 € à 128 € / m²Fourniture du carrelage non comprise.Surface, nombre de découpes autour de la bonde et des angles, calepinage imposé, planéité du support. Le détail de cette ligne est déplié dans [le guide du prix de pose du carrelage au m²](/guides/carrelage/prix-pose-carrelage-m2).
Pose de grand format, double encollage109 € à 192 € / m²Format retenu, double encollage systématique, tolérance de planéité resserrée, casse à la découpe et coupes en biais sur la pente.
Faïence murale de salle de bains90 € à 160 € / m²Hauteur traitée, format, nombre d'angles rentrants et sortants, présence d'une niche, arrêts de chant.
Ragréage ou chape de rattrapage26 € à 64 € / m²Poste souvent découvert après la dépose de l'ancien sol.Écart de planéité constaté après dépose, épaisseur à rattraper, séchage avant pose. Poste souvent découvert une fois l'ancien sol enlevé, donc rarement chiffré au premier devis.
Fourchettes dérivées du modèle de prix du carreleur, main-d'œuvre et fournitures de mise en œuvre comprises, hors carrelage acheté par vos soins, avant application de votre taux de TVA. Elles couvrent le seul lot étanchéité et carrelage : ni la plomberie, ni l'électricité, ni les équipements sanitaires n'y figurent. Seul un devis établi après visite engage une entreprise.

Additionnez les lignes ci-dessus qui concernent votre chantier plutôt que de chercher un prix global. Une douche à l'italienne n'est pas un produit, c'est un ouvrage assemblé sur place, et deux devis ne recouvrent presque jamais le même périmètre.

Ce qu'il y a réellement sous le carrelage

Une douche sans receveur n'est pas un sol carrelé avec une bonde au milieu. C'est un empilement de couches dont chacune a une fonction, et dont l'ordre n'est pas négociable.

  1. Le support : dalle, chape ou plancher. Il doit être plan, sain, cohésif et sec — la siccité se mesure, elle ne s'estime pas à l'œil.
  2. La forme de pente : une pente régulière et continue vers la bonde, réalisée dans la chape ou apportée par un panneau à pente intégrée. Sa valeur est fixée par les documents de mise en œuvre du système retenu.
  3. Le système de protection à l'eau sous carrelage : une résine appliquée en plusieurs passes, avec bandes de renfort dans les angles, autour de la bonde et aux relevés muraux.
  4. La colle : un mortier-colle adapté au local humide, au format de carreau et au support, compatible avec le système d'étanchéité employé.
  5. Le carrelage et les joints : ils ne sont pas étanches, contrairement à ce que l'on croit — ils habillent et ils résistent, ils ne retiennent pas.

Cette chaîne a une propriété désagréable : elle vaut son maillon le plus faible, et son maillon le plus faible est toujours invisible. Un carrelage impeccable posé sur une étanchéité absente est indiscernable d'un carrelage impeccable posé sur une étanchéité complète — jusqu'au premier désordre.

L'étanchéité d'une douche à l'italienne : le système que le devis doit nommer

Le vocabulaire compte ici, parce que c'est lui qui permet de vérifier qu'on vous propose bien un ouvrage et non une intention. Un système de protection à l'eau sous carrelage — souvent abrégé SPEC, parfois appelé système d'étanchéité liquide sous carrelage — n'est pas un produit isolé : c'est un ensemble cohérent, primaire, résine, bandes de renfort et manchons, mis en œuvre selon les prescriptions de son fabricant et couvert par une certification de produit.

Les règles de mise en œuvre de ces systèmes sont normalisées : le NF DTU 52.2, qui régit la pose collée des revêtements céramiques, comporte depuis sa révision une partie consacrée aux systèmes de protection à l'eau sous carrelage. Un devis qui s'y réfère explicitement, et qui nomme la référence commerciale du système retenu, dit quelque chose de vérifiable. Un devis qui écrit « étanchéité » sans autre précision ne dit rien.

  • Le primaire : il conditionne l'accrochage et diffère selon que le fond est poreux (chape, dalle, panneau) ou fermé (ancien carrelage conservé, ancienne résine).
  • Les passes de résine : deux au minimum, croisées, avec un temps de recouvrement imposé par le fabricant. Une passe unique n'est pas une étanchéité, c'est une teinture.
  • Les bandes de renfort : elles traitent les angles rentrants, la jonction sol-mur et les changements de plan. Ce sont les points où l'eau passe en premier.
  • Les manchons et collerettes : autour de la bonde, des sorties de robinetterie encastrée et de tout percement traversant la zone traitée.
  • Les relevés muraux : la protection remonte sur les parois de la zone d'aspersion, sur une hauteur qui doit être écrite au devis.

Douche à l'italienne, receveur extra-plat, douche à carreler : trois ouvrages

Le langage commercial appelle « douche à l'italienne » trois solutions dont le prix, le risque et le temps de chantier n'ont rien de commun. Savoir laquelle on vous propose est la première question à poser, parce que le mot ne la tranche pas.

La douche de plain-pied carrelée, sans receveur

Prix
380 € à 900 € / douche
Quand l'utiliser
Quand vous voulez une continuité de sol complète, aucun ressaut, et un calepinage libre — et quand la structure permet d'encastrer la bonde et la forme de pente.
Ce que ça suppose
Une réservation dans le plancher ou une surélévation du sol de la pièce, une forme de pente rapportée, et un système de protection à l'eau complet.
Le risque
Le plus élevé des trois : tout dépend d'une couche invisible mise en œuvre sur place, avec de nombreux points singuliers.
Ce qui n'est pas chiffré ici
La forme de pente et la dépose de l'existant n'ont pas de ligne dans notre modèle de prix.

Le panneau prêt-à-carreler à pente intégrée

Quand l'utiliser
Sur plancher bois, en étage, en rénovation où la hauteur disponible est comptée, ou dès que vous voulez réduire le risque de mise en œuvre.
Ce que ça suppose
Un support plan et une bonde compatible. La pente est usinée, donc régulière par construction ; le support d'étanchéité est fourni avec le panneau.
Le risque
Nettement moindre : le point critique se déplace vers la jonction panneau-mur et le pourtour de bonde, qui restent à traiter avec bandes et manchons.
Ce qui n'est pas chiffré ici
Le panneau lui-même n'a pas de ligne dans notre modèle. Il coûte plus en fourniture et moins en main-d'œuvre.

Le receveur extra-plat posé au niveau du sol

Quand l'utiliser
Quand le budget ou le calendrier ne permettent pas un ouvrage maçonné, ou quand la copropriété interdit de toucher au plancher.
Ce que ça suppose
Un receveur industriel, étanche par nature, dont seule la périphérie est à traiter. Le rendu est proche d'une douche de plain-pied si l'encastrement est soigné.
Le risque
Le plus faible des trois. L'étanchéité principale est apportée en usine ; il reste la jonction receveur-paroi et l'évacuation.
Ce qui n'est pas chiffré ici
Le receveur est un équipement sanitaire : il relève du lot plomberie, décrit dans le guide du prix d'une salle de bains.

Le classement par risque est aussi, à peu près, le classement inverse par prix de main-d'œuvre. C'est la raison pour laquelle la solution la plus sûre n'est pas toujours la plus chère au total : ce que le panneau ajoute en fourniture, il le retire en heures de mise en œuvre.

La pente d'une douche à l'italienne : forme de pente maçonnée ou panneau

La pente est la seule pièce du puzzle qui doive être juste au millimètre près sur toute la surface. Trop faible, l'eau stagne et le carrelage s'encrasse ; trop forte, la station debout devient inconfortable et un carreau de grand format ne suit plus le plan. Une contre-pente, même locale, produit une flaque permanente que rien ne rattrape après coup.

Forme de pente maçonnéePanneau à pente intégrée
Régularité de la penteDépend entièrement du poseurUsinée en atelier, donc constante
Poids ajoutéSignificatif — à vérifier sur plancher boisFaible
Hauteur consomméeVariable, souvent plus importanteÉpaisseur connue à l'avance
Séchage avant étanchéitéPlusieurs jours à plusieurs semaines selon le mortierAucun
Liberté de formeTotale — angles, banquettes, formes non rectangulairesLimitée aux dimensions du catalogue, recoupables
Coût dominantMain-d'œuvreFourniture
Comparaison des deux façons d'obtenir une pente. Aucune des deux n'a de ligne dans notre modèle de prix du carreleur : le devis doit les chiffrer séparément.

Si la forme de pente est réalisée dans une chape rapportée, les délais de séchage de cette chape commandent tout le calendrier du lot. Ce sujet est traité en détail dans le guide de la chape liquide au m², qui explique pourquoi un délai de séchage ne se négocie pas.

La bonde et l'évacuation : le point qui commande tout le reste

La bonde est le seul endroit où l'ouvrage est volontairement percé. C'est donc le point faible par construction, et c'est aussi celui qui contraint le plus la conception : sa position, sa hauteur et son type se décident avant la forme de pente, et se modifient ensuite au prix d'une reprise complète.

  • La hauteur sous plancher disponible commande le choix. Une bonde verticale demande de la hauteur sous le sol fini, une bonde horizontale ou extra-plate en demande moins mais impose une pente d'évacuation plus contrainte.
  • Le débit d'évacuation doit être compatible avec le débit de la robinetterie. Une colonne de douche généreuse alimentée par une évacuation sous-dimensionnée provoque une remontée d'eau au ras de la bonde.
  • Le siphon doit rester accessible pour le nettoyage : les cheveux et le savon le colmatent, et une bonde qu'on ne peut pas ouvrir devient un problème permanent.
  • La collerette d'étanchéité de la bonde doit être compatible avec le système de protection à l'eau retenu. Deux marques peuvent ne pas se marier — c'est au devis de le dire.
  • Le caniveau linéaire, posé contre un mur ou en ligne de partage, simplifie le calepinage en grand format parce qu'il n'impose qu'une pente à une seule direction.

Les erreurs qui provoquent un sinistre

ErreurConséquenceComment elle se manifeste
Pas de système de protection à l'eau, ou appliqué en une seule passeL'eau traverse et migre dans la dalle ou le plancherAuréole au plafond de la pièce du dessous, à la première ou deuxième saison de chauffe
Relevés muraux insuffisantsL'eau passe par la jonction sol-mur, au point le plus sollicitéPlinthe qui gonfle ou peinture qui cloque dans la pièce mitoyenne
Pente insuffisante ou contre-penteStagnation, encrassement, joints qui se dégradentUne flaque qui ne part pas : visible dès le premier usage, mais tolérée longtemps
Bonde mal raccordée à l'étanchéitéFuite au point le plus bas, donc la plus difficile à localiserTrace d'humidité diffuse, sans point d'entrée identifiable depuis la douche
Carrelage posé sur un plancher bois sans désolidarisationFissuration en diagonale, puis rupture de l'étanchéitéUne fissure traverse plusieurs carreaux en ligne, souvent depuis un angle
Carrelage posé sur une chape encore humideDécollements, carreaux qui sonnent creux, efflorescences dans les jointsCarreaux qui sonnent creux au tapotement, efflorescences blanches dans les joints
Angles traités au mastic au lieu d'une bande de renfortLe mastic vieillit et se décolle, l'angle s'ouvreL'angle s'ouvre visiblement, le mastic se décolle et noircit
Les désordres constatés sur ce lot et le délai auquel ils se manifestent. Aucun n'est visible le jour de la réception.

Ces désordres ont un point commun : ils sont invisibles à la réception. Une douche mal étanchée fonctionne parfaitement le premier jour. C'est ce décalage qui explique pourquoi ce lot concentre autant de litiges — et pourquoi la vigilance doit porter sur le devis et sur le chantier en cours, pas sur le rendu final.

Il explique aussi pourquoi la garantie décennale est ici davantage qu'une formalité administrative : c'est la seule protection dont le calendrier corresponde à celui des désordres.

Une douche à l'italienne sur plancher bois : le cas régional par excellence

Beaucoup de maisons de rangée des Hauts-de-France, bâties entre 1900 et 1930, ont des planchers d'étage en bois. Y installer une douche à l'italienne n'a rien d'impossible, mais impose des précautions que le devis doit nommer, une par une.

  • Vérifier la portance : une chape et un carrelage ajoutent un poids significatif, réparti sur une surface réduite. Sur un plancher ancien, un renfort ou un doublage de solive peut être nécessaire, et cela relève d'un charpentier, pas d'un carreleur.
  • Désolidariser : le bois travaille avec l'humidité et la température, le carrelage non. Une natte de désolidarisation absorbe ce différentiel — sans elle, la fissuration en diagonale est quasi certaine à un an.
  • Privilégier les systèmes légers : panneau prêt-à-carreler à pente intégrée plutôt que chape traditionnelle, dès que la portance est limite.
  • Rigidifier avant tout : un plancher qui fléchit sous le pas ne se rattrape par aucun produit. Le contrôle de flèche précède toute décision de revêtement.
  • Traiter le report de charge aux appuis si un ouvrage maçonné est malgré tout envisagé.

Un mot sur l'étage : une fuite dans une douche de rez-de-chaussée abîme une dalle ; la même fuite à l'étage abîme un plafond, une isolation, une installation électrique et parfois le logement d'un voisin. Le montant en jeu n'est pas du même ordre, et la vigilance sur le devis doit suivre.

Grand format, mosaïque, antidérapance : le carrelage d'une douche

Le carrelage d'une douche à l'italienne doit satisfaire deux exigences que le carrelage d'une pièce sèche ignore : il doit suivre une pente et il doit rester praticable pieds nus mouillés. Ces deux contraintes orientent le choix du format davantage que l'esthétique.

Le grand format sur la zone de douche

Prix
109 € à 192 € / m²
Quand l'utiliser
Quand vous voulez le minimum de joints et une continuité visuelle avec le reste de la pièce, et quand la pente est obtenue par un panneau à pente unique ou un caniveau linéaire.
Ce qu'il impose
Un double encollage systématique, une tolérance de planéité resserrée, et souvent un ragréage préalable du support.
Sa limite
Un grand carreau ne peut pas suivre une pente à quatre pans vers une bonde centrale sans être recoupé. Sur ce type de pente, il devient techniquement inadapté.

La mosaïque ou le petit format sur la zone de douche

Prix
70 € à 128 € / m²Fourniture du carrelage non comprise.
Quand l'utiliser
Sur une pente à plusieurs pans convergeant vers une bonde centrale, ou dès que vous voulez une adhérence au pied plus franche.
Ce qu'il apporte
La densité de joints augmente l'adhérence et permet au revêtement d'épouser une pente complexe sans coupe.
Sa limite
Beaucoup plus de joints, donc plus d'entretien, et une pose plus longue sur les zones de raccord.

Un dernier point sur les joints : quel que soit leur type, ils se nettoient et se refont. Un joint époxy résiste mieux aux taches et aux produits, un joint ciment se répare plus facilement. Aucun des deux ne remplace l'étanchéité, et le choix entre eux relève du confort d'entretien.

Coordination avec les autres lots

Une salle de bains fait intervenir trois métiers au minimum, et l'ordre n'est pas négociable. Une inversion coûte une reprise complète, et personne ne la prend en charge : chaque entreprise a fait son travail correctement dans le mauvais ordre.

  1. Dépose de l'existant et évacuation des gravats.
  2. Plomberie : alimentations, évacuations, position exacte de la bonde, essais sous pression avant fermeture.
  3. Électricité : circuits, éclairage, liaison équipotentielle, en respectant les volumes de sécurité de la pièce d'eau.
  4. Plâtrerie : cloisons adaptées au local humide, doublages, renforts pour barres d'appui et pour paroi.
  5. Support et forme de pente, puis séchage.
  6. Étanchéité et carrelage.
  7. Pose des équipements : paroi, robinetterie, meubles, accessoires.

Le lot plomberie de la pièce — réseaux, évacuations, raccordement des appareils — est chiffré à part, avec ses propres unités et son propre périmètre. Il est détaillé dans le guide du prix d'une salle de bains.

Les délais de séchage qu'on ne comprime pas

Le carrelage est un lot intérieur : il se planifie toute l'année, et la météo ne le commande pas. La vraie contrainte de calendrier est ailleurs, dans une succession de temps d'attente que rien ne raccourcit — et dont chacun est une occasion de sinistre quand on le comprime.

  • Le séchage du support : une chape neuve demande à sécher avant d'être carrelée, et la durée dépend de son épaisseur, de son liant et de la ventilation de la pièce. Elle se mesure à l'humidimètre, elle ne s'estime pas au calendrier.
  • Le temps de recouvrement du primaire avant la première passe de résine, indiqué par le fabricant du système.
  • Le temps entre les passes de résine, puis le durcissement complet avant collage du carrelage.
  • La prise du mortier-colle avant jointoiement, et du joint avant remise en eau.
  • La mise en service : une douche ne se sollicite pas le lendemain de la pose des joints.

Prévoyez aussi l'indisponibilité de la pièce. Une salle de bains unique immobilisée deux semaines n'est pas une contrainte technique, mais c'est la contrainte qui pèse le plus dans un logement occupé, et elle se prépare.

Accessibilité : le seul argument qui vaut vraiment

Au-delà de l'esthétique, la douche sans ressaut est le seul aménagement de salle de bains qui prépare réellement le maintien à domicile. C'est un argument à considérer si le logement a vocation à être occupé longtemps — et c'est le seul qui justifie le surcoût par rapport à une douche à receveur classique.

  • Un seuil nul ou très faible permet l'accès en fauteuil ou avec un déambulateur, et supprime le geste d'enjambement, qui est la cause de chute la plus fréquente dans une salle d'eau.
  • Une largeur de passage suffisante et l'absence de porte battante changent tout à l'usage, y compris pour aider une personne depuis l'extérieur de la douche.
  • Des renforts posés dans les cloisons pendant le chantier permettent d'ajouter plus tard des barres d'appui sans rouvrir un mur carrelé. C'est l'anticipation la moins chère du chantier.
  • Un siège rabattable et un mitigeur thermostatique se prévoient à la conception : le premier demande un renfort, le second une alimentation dimensionnée.
  • Un revêtement au classement d'adhérence adapté compte davantage qu'une barre d'appui posée après coup.

Des dispositifs d'aide à l'adaptation du logement au vieillissement et au handicap existent, et le remplacement d'une baignoire par une douche accessible en fait partie. Ils ne relèvent pas de la rénovation énergétique, leurs conditions évoluent régulièrement, et ils se vérifient auprès d'un conseiller France Rénov' ou du service social de votre commune — pas dans un article, dont le contenu vieillirait mal.

Assurance, TVA et réception

L'étanchéité sous carrelage relève de la garantie décennale : un défaut rend l'ouvrage impropre à sa destination et affecte souvent le logement voisin. Cette garantie couvre les désordres révélés dans les dix années qui suivent la réception, ce qui correspond exactement au calendrier des sinistres de ce lot. Demandez l'attestation avant signature, et vérifiez qu'elle mentionne l'activité de revêtement de sols et murs et l'année en cours.

Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, ce lot relève du taux de TVA réduit applicable aux travaux de rénovation, à condition que l'entreprise fournisse et facture les matériaux. Le client atteste des conditions sur le devis ou la facture. Le détail des conditions figure dans le guide de la TVA à 10 % sur les travaux. Une douche à l'italienne n'ouvre en revanche aucune aide à la rénovation énergétique.

  1. Demandez à voir l'étanchéité avant la pose du carrelage : c'est le seul moment où elle est visible. Une photo datée, prise par vous, suffit et vaut mieux qu'une déclaration.
  2. Faites verser plusieurs seaux d'eau sur le sol fini pour vérifier que tout part vers la bonde, sans stagnation ni flaque résiduelle.
  3. Vérifiez que la bonde s'ouvre et se referme sans outil spécial, et que le siphon est accessible.
  4. Notez au procès-verbal de réception les points à reprendre, et retenez le solde correspondant jusqu'à leur levée.
  5. Conservez les factures, les fiches produits et les photos : ce sont les pièces qui servent en cas de litige, et personne d'autre que vous ne les gardera.

Ce que le devis doit contenir

  • Le système de protection à l'eau nommé : marque, référence, certification, nombre de passes, bandes de renfort et manchons.
  • La hauteur des relevés muraux et l'étendue de la zone traitée.
  • La pente retenue et son mode de réalisation : forme de pente maçonnée ou panneau à pente intégrée.
  • La natte de désolidarisation, sur plancher bois ou sur tout support susceptible de travailler.
  • Le ragréage ou le contrôle de planéité, systématiquement en grand format.
  • La bonde : type, cote par rapport aux murs, compatibilité de la collerette avec le système d'étanchéité.
  • Le format de carreau, la méthode d'encollage et le classement d'adhérence du modèle.
  • La nature des joints et le traitement des angles : bande de renfort ou mastic.
  • Les points singuliers : niche, banquette, fixations de paroi, sorties de robinetterie encastrée.
  • La dépose de l'existant, l'évacuation des gravats et la remise en état des abords.
  • Les délais de séchage inscrits au planning, distinctement des jours travaillés.
  • L'attestation d'assurance décennale en cours de validité, mentionnant l'activité concernée.

Choisir l'entreprise, et ce qu'il faut lui demander

Le carrelage est un métier peu réglementé à l'entrée : rien n'empêche une entreprise de s'y déclarer sans avoir jamais mis en œuvre un système de protection à l'eau. Les questions ci-dessous ne demandent aucune compétence technique pour être posées, et les réponses se vérifient.

  1. Demandez quel système d'étanchéité sera employé, par son nom commercial, et demandez la notice du fabricant.
  2. Demandez si l'entreprise a été formée à ce système : la plupart des fabricants organisent des formations et délivrent une attestation.
  3. Demandez l'attestation d'assurance décennale, vérifiez l'activité couverte et l'année, et gardez-en une copie.
  4. Demandez qui pose la bonde : le plombier ou le carreleur, et à quelle date par rapport à l'étanchéité.
  5. Demandez à voir un chantier terminé de plus de deux ans, pas une photo de fin de chantier.
  6. Comparez au moins trois devis à périmètre identique — même système, même pente, même format — sans quoi la comparaison ne porte sur rien.

Le hub des entreprises de carrelage recense les professionnels de notre périmètre, commune par commune, avec ce que nous savons de chacun et rien de plus.

D'où viennent ces prix

Les fourchettes de cette page ne sont pas relevées sur des devis : elles sont calculées, par le même modèle que les hubs métier et les pages communales du site. Le ticket moyen constaté pour le métier est ramené à un chantier de référence, ce qui donne un prix de référence à l'unité, puis décliné prestation par prestation. Il n'existe qu'un modèle : un prix affiché dans ce guide ne peut pas diverger du même prix affiché sur une page ville.

Carreleur
3 200 € pour le carrelage d'une pièce de vingt-cinq mètres carrés, soit un prix de référence de 128 € par m².

La valeur centrale du bandeau porte le libellé « Milieu de fourchette », et jamais un autre : c'est le milieu arithmétique des deux bornes, arrondi comme elles. Ce n'est pas une moyenne — nous n'avons collecté aucun panel de devis, et rien ne serait plus facile que de faire passer un milieu de fourchette pour une mesure.

Ces montants sont des ordres de grandeur. Seul un devis établi après visite engage une entreprise.

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Questions fréquentes

Combien coûte une douche à l'italienne ?

Il n'y a pas de prix unique, parce qu'il n'y a pas de produit unique : le chantier additionne une dépose, un support, une forme de pente, un système de protection à l'eau, un carrelage et une bonde, chacun facturé à part. La grille de ce guide donne la fourchette de chacun des postes que notre modèle de prix connaît, pour le seul lot étanchéité et carrelage — hors plomberie, électricité et équipements. La forme de pente, le panneau prêt-à-carreler, la natte de désolidarisation et la dépose n'ont pas de ligne chiffrée chez nous, et nous n'en empruntons aucune à une prestation voisine.

Quelle pente faut-il prévoir dans une douche à l'italienne ?

Une pente régulière et continue vers la bonde, sans contre-pente ni point plat. Sa valeur est fixée par les documents de mise en œuvre du système retenu, et le devis doit l'écrire plutôt que la laisser à l'appréciation du poseur. Trop faible, l'eau stagne et le revêtement s'encrasse ; nettement trop forte, la station debout devient inconfortable et les carreaux de grand format ne suivent plus le plan. Elle se contrôle au niveau et au seau d'eau avant l'application de l'étanchéité : c'est le seul moment où la corriger est gratuit.

Les joints époxy suffisent-ils à assurer l'étanchéité ?

Non. Les joints, quels qu'ils soient, sont une finition : ils ralentissent le passage de l'eau, ils ne le bloquent pas. L'étanchéité est assurée par le système appliqué sous la colle, invisible une fois le carrelage posé. Un joint époxy résiste mieux aux taches et aux produits d'entretien qu'un joint ciment, ce qui est un avantage réel — mais un avantage d'entretien, pas d'étanchéité.

Peut-on faire une douche à l'italienne à l'étage sur un plancher bois ?

Oui, à condition de vérifier la portance et la flèche du plancher, de désolidariser le carrelage du support par une natte prévue à cet effet, et de privilégier un système léger de type panneau prêt-à-carreler à pente intégrée. C'est un cas fréquent dans les maisons de rangée des Hauts-de-France, et il se traite très bien quand il est identifié au devis. Ce qui ne se traite pas, c'est un plancher qui fléchit : aucun produit ne compense un support qui bouge.

Faut-il un receveur extra-plat ou une vraie douche de plain-pied ?

Le receveur extra-plat est étanche par construction : seule sa périphérie reste à traiter, ce qui réduit fortement le risque et le temps de chantier. La douche de plain-pied carrelée offre une continuité de sol totale et une liberté de forme complète, au prix d'un ouvrage entièrement réalisé sur place. Si la copropriété interdit de toucher au plancher, ou si le budget est serré, le receveur extra-plat est le choix raisonnable et il n'a rien de dégradé.

Quelle est la différence entre un caniveau linéaire et une bonde centrale ?

La bonde centrale impose une pente à plusieurs pans convergeant vers un point, ce qui oblige à recouper les carreaux et rend le grand format difficile. Le caniveau linéaire, placé contre un mur ou en ligne de partage, ne demande qu'une pente à une seule direction : le carrelage grand format se pose alors sans coupe. C'est souvent la solution qui simplifie le plus le chantier, et elle facilite aussi le nettoyage.

Comment vérifier que le travail a été bien fait ?

Demandez à voir l'étanchéité avant la pose du carrelage, et prenez-en vous-même une photo datée : c'est la seule preuve exploitable en cas de litige, et le seul jour où l'ouvrage est visible. Après pose, versez plusieurs seaux d'eau sur le sol fini — tout doit rejoindre la bonde sans former de flaque. Vérifiez enfin que le siphon s'ouvre sans outil spécial.

Combien de temps dure le chantier d'une douche à l'italienne ?

Les jours de travail effectif sont peu nombreux, mais les temps d'attente ne se compriment pas : séchage du support, temps de recouvrement du primaire, durcissement de la résine, prise de la colle puis des joints. Sur chape neuve, l'attente de séchage domine tout le reste et se compte en semaines. Un planning qui n'affiche aucun temps mort a supprimé un délai, et ce sera toujours celui qui ne se voit pas.

Faut-il un carreleur ou une entreprise générale ?

Les deux fonctionnent, à condition que la coordination avec le plombier soit assurée par quelqu'un d'identifié. C'est la position de l'évacuation, décidée avant la forme de pente et avant l'étanchéité, qui échoue le plus souvent quand chacun intervient de son côté sans interlocuteur commun. Si vous coordonnez vous-même, écrivez l'ordre des interventions et faites-le valider par chaque entreprise avant le premier jour.

Une douche à l'italienne ouvre-t-elle droit à une aide ?

Pas au titre de la rénovation énergétique : ce n'est pas un geste éligible. En revanche, le remplacement d'une baignoire par une douche accessible entre dans le champ des dispositifs d'adaptation du logement au vieillissement et au handicap. Leurs conditions évoluent régulièrement et se vérifient auprès d'un conseiller France Rénov' ou du service social de votre commune, jamais dans un article.

Sources

Guide révisé le 26 août 2026 à partir des sources suivantes.

  1. Service-Public — Taux de TVA pour les travaux de rénovation d'un logement

    Taux réduit pour les travaux d'amélioration et d'entretien d'un logement achevé depuis plus de deux ans, et certification par le client sur le devis ou la facture.

    Consultée le 26 août 2026

  2. Légifrance — Code civil, article 1792-4-1

    Décharge des responsabilités et garanties du constructeur dix ans après la réception des travaux.

    Consultée le 26 août 2026

  3. Légifrance — Code civil, article 1792

    Responsabilité de plein droit du constructeur pour les dommages qui rendent l'ouvrage impropre à sa destination.

    Consultée le 26 août 2026

  4. CSTB Éditions — NF DTU 52.2, pose collée des revêtements céramiques et assimilés, pierres naturelles

    Règles de mise en œuvre de la pose collée, dont la partie consacrée aux systèmes de protection à l'eau sous carrelage.

    Consultée le 26 août 2026

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